mardi 16 juin 2015

design / les jurys / didier saco

Comme chaque année, juin est le mois des jurys devant lesquels se présentent les étudiants qui ont consacré plusieurs années d’études qui se terminent par l’obtention / ou pas / d’un diplôme.

En France, ce sont 1 500 diplômes en design qui sont décernés chaque année et si les étudiants diplômés décident de plus en plus, leur diplôme obtenu, de poursuivre leurs études ou de partir hors de France pour acquérir une expérience de l’international, le diplôme obtenu est une ouverture sur le monde du travail, tout comme il est le révélateur de l’état du design par ses premiers usagers : les designers.

Le design sera, sans aucun doute, l’un des symboles manifestes du 20ème siècle, tout comme la prise en compte du design par les décideurs et les usagers en valeur déterminante et essentielle d’un produit, d’un service, d’un usage le sera du 21ème siècle.

Cette évolution, très rapide, s’est faite en une vingtaine d’années par la marge et par là où l’on ne l’attendait pas : et c’est le secteur privé, les marques du numérique, qui en ont été les accélératrices.

Internet est condamné à être simple et si son fonctionnement s’avère peu ergonomique, peu intuitif, les utilisateurs s’en désintéressent, les marques perdent leurs parts de marché et s’arrêtent.

Le design d’interaction a existé dès le début du numérique et Donald Norman a été l’un des premiers, dans les années 80, à théoriser le design des interfaces centrées sur l’utilisateur, ses intuitions et son instinct avant de travailler chez Apple et d’ouvrir le champ qui a permis de libérer les esprits et développer une certaine aptitude intellectuelle à imaginer des choses hier encore inconcevables.

Do it yourself : cette forme d’audace d’esprit a désinhibé beaucoup la créativité chez l’usager du numérique ; en manipulant Facebook, Google, Apple, il s’est approprié très vite le design et ses usages et a dégagé de multiples ouvertures au design / mobilier urbain, santé, alimentation, grande distribution, signalétique, agriculture hors-sol, services, et c’est ce que nous disent les projets des étudiants exposés les jours prochains dans leurs écoles : le design change, et le designer sait être en mesure de penser l’idée en même temps que sa mise en œuvre sur de multiples territoires.

Cinq axes majeurs se dégagent des projets présentés :
- l’empathie : apprendre à connaitre les utilisateurs et se soucier de la manière dont ils vivent pour créer des innovations qui ont du sens.
Écouter, mener une vraie conversation, préparer des questions et laisser l’échange dévier ;
- la définition : avant d’inventer une solution appropriée, savoir définir le problème.
Rassembler l’information récoltée, préciser l’enjeu, définir l’usager, spécifier un nombre limité de besoins et définir le point de vue.
- l’idée : allier l’imagination et l’analyse, le conscient et l’inconscient et mettre à contribution toutes les forces des équipes ;
- le prototype : avancer dans le concret, confronter le projet à l’usage, tester l’idée et commencer à développer les process de la solution ;
- le test : rencontrer l’usager et se remettre en situation d’empathie dans une investigation plus cadrée, chez soi, au travail, en conditions nomades.
Analyser les réactions, écouter les retours et les questions.

L’innovation des projets présentés se situe dans leur faconde, tant des sujets que de leurs développés, et si Google a la vision de vouloir transformer le monde à son image en le classifiant, les diplômés design 2015 nous présentent une toute autre histoire : celle où l’unicité, l’esthétisme et la singularité ont toute leur place, et nous apprennent mille choses.

Lisaa Architecture d’intérieur et design
Exposition des projets de fin d’études de la promotion 2015 lundi 22, mardi 23, mercredi 24 et jeudi 25 juin de 10h à 17h / vernissage vendredi 19 juin à 18h
8 square Henri Delormel Paris 14

Magali Hernandez et Marie Lafitte / promotion 2015
Concours Loire et loges

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