lundi 1 décembre 2008

pub et design / vaste monde / didier saco


à l’heure où les espaces publicitaires sont réduits, en france, par autorité, sur les tv et les radios, la récession amène les industriels à réduire, réflexe pavlovien familier, leurs investissements et les premiers ciblés, voire touchés, sont ceux de la communication et de l’innovation

la communication est un pan important de l’économie : elle pèse 1 500 milliards de dollars sur le plan mondial et presque 33 milliards d’euros en france

c’est aussi un secteur en totale mutation : il y a 5 ans, les choses étaient assez simples ; il y avait la tv, l’affichage, la presse, la radio et le cinéma, auxquels s’ajoutaient, pour agir sur le comportement et faire acheter, des techniques plus directes : la promo, la distribution de prospectus et des coupons de reduction
et l’arrivée des media interactifs découlant d’internet a bouleversé le paysage et la profession a dù, de force, passer d’une logique cartésienne, classique, à une logique “systémique”, où tout est mélangé

les objectifs des industriels se sont aussi déplacés, en s’orientant davantage vers les publics financiers qui privilégient la vision de rentabilité à court terme / 15% par an, au détriment souvent des liens avec leurs clients

la pub a donc privilégié la communication, dite corporate, institutionnelle et axée sur l’image de la marque plutôt que sur la publicité, moins glam et axée autour du produit

les mêmes contraintes et les mêmes périls pèsent sur l’innovation et sur le design, car les mêmes décisionnaires appliquent souvent les mêmes méthodes

l’exemplarité du design dans la dynamique de l’entreprise n’est plus un débat et, si le design a dépassé depuis des années la case déco pour être pleinement reconnu comme un des acteurs déterminants du développement des industries, il reste encore des réticients qui le réduisent à des parcs-machines ou à des animations récréatives de fin de réunions de conseils d’administration

les produits que nous concevons sont indissociables de la marque qui les initie / ils en sont même les fondamentaux, et le stylo, le ruban adhésif, le vélo à moteur et le téléphone portable portent plus bic, scotch, vélosolex et apple que l’inverse

bien sûr, le design prend du temps, et ce temps nécessite sa rétribution / le temps des consultations, du développement des projets, des réunions de suivi, et la rémunération des droits d’auteur
c’est le temps du projet, le temps du prototype, le temps des essais et le temps des convictions / ce temps est aussi celui de l’innovation, indissociable à tout management pertinent et prospectif

no pub / le jour où la pub s’est arrêtée / luc laurentin et thierry piérard
eyrolles / 18.00 euros

1 commentaire:

Luc Laurentin a dit…

C’est vrai que sans le design (qui, en tant que créateur d’image, appartient à la « famille pub »), le monde se trouverait fort dépourvu la grève une fois venue – la grève générale de la publicité étant l’hypothèse de No Pub. Et puisque j’ai l’occasion ici de m’adresser à une communauté de designers, je serais très intéressé de connaître votre opinion sur ladite hypothèse. À quoi ressemblerait le monde sans vous ? Vous êtes donc les bienvenus sur nopubnoblog.fr. À très bientôt j’espère.